Ce noir qui m'entoure - Concours de nouvelles sur le thème de l'avenir de l'homme

Je suis plantée là, abasourdie devant ce paysage plein de désolations. Je sens mes jambes qui, sous le choc, tremblent au rythme de mon c½ur qui bat la chamade. Je ne peux empêcher les larmes venir perler mes joues, alors qu'un vent glacé vient parcourir mon échine, me faisant, malgré mon désarroi, ressentir un sentiment trop inhumain.

Tout ce noir que j'avais vu malgré moi avait disparu. Tout ce noir qui m'avait englouti était parti.

Il était apparu ce soir-là, alors que je n'étais pas plus qu'une gamine. Je voyais mal, je voyais très mal, mais je pouvais cependant apercevoir le rouge qui imprégnait la tapisserie du mur, et je pouvais entrevoir la beauté du bleu profond qui habitait les yeux de mon père. C'était peu, mais je me raccrochais à ces couleurs qui éloignaient le noir de mon regard. Un peu de couleurs pour colorer ta vie, me disait toujours papa.

Mais ce soir-là, l'espoir m'abandonna, et la maladie gagna. Mon nerf optique venait de céder. Le noir m'envahit, comme si j'entrais moi-même dans un gouffre sans entrée ni sortie.

J'étais devenue aveugle.

Me débattant, j'ai tenté et retenté, j'ai lutté, bataillé de toutes mes forces, mais je perdis toute forme de courage. La détresse m'envahit.
Papa ! ai-je crié. Papa ! ai-je supplié.
Il est venu dans ma chambre ce vaillant chevalier, mais le dragon était trop grand, le dragon était trop fort, alors que pouvait-il faire, à part me prendre dans ses bras, et retenir les larmes qui apparaissaient sur ses yeux si bleus ? Rien, absolument rien. Personne ne pouvait palier à la solitude qui m'emprisonnait. Désormais, j'étais dans un autre univers, où j'avais pour seule compagnie ce noir oppressant, aussi sombre que cette fumée toxique qui s'échappe des voitures, et qui semble venir des combles de l'enfer.

Trois après, alors que n'importe quelle petite fille de mon âge serait allée rejoindre ses amis jouer au parc, moi, je sortais me promener avec mon père. J'essayais alors de me raccrocher à la vie, et je n'oublierai jamais le réconfort que je ressentais lorsque quelqu'un me parlait, me faisait rire, car c'est de cette manière que je me sentais vivante. Je ne voyais pourtant que ce noir qui m'entourait, mais je pouvais percevoir par le biais du son qu'une amie est en train de pleurer de rire, qu'un adulte me pointe de l'index lorsqu'il me gronde, ou bien que mon père verse une larme lorsque je lui demande s'il va bien. Mais que vaut ce sentiment, lorsque le doute envahit votre âme ? Je n'osais croire les descriptions de paysages de mon père, car je savais qu'il exagérait tout. Absolument tout. J'étais devenue son boulet, qu'il traînait malgré le désespoir qui le tirait de son sommeil.

Plusieurs années plus tard, les hommes poursuivant leur petit bout de chemin, tels leur engins à moteur sur les routes du désert de la vie, j'étais adolescente. Être aveugle m'avait dès mon enfance enlevé mon insouciance, alors que voulait dire cette phrase de mon père qui, lorsqu'il fêta mes douze bougies, s'exclama : Te voilà une ado, ma fille ! ? Rien. Ça ne voulait rien dire. Et plus le temps passait, plus j'avais la désagréable impression que j'étais son handicap, et plus l'idée que nous jouions à cache-cache m'obsédait. Je lui faisais penser que je croyais à tous ces mensonges, comme une enfant naïve, mais lui ? À quel jeu jouait-il ? Je ne le savais pas, et cette cachotterie de la part de mon père avait le don de m'inquiéter.

J'avais oublié la beauté de la pelouse du parc : j'avais même oublié la beauté du vert et de ses centaines de teintes. Le gouvernement, lui, resserrait encore et toujours ses mesures pour préserver l'environnement, ce qui n'avait aucun effet sur le comportement et l'inquiétude de papa... Oh ! Papa ! Comme j'aurais aimé t'aider durant toutes ces épreuves ! Comme j'aurais aimé, alors que je n'étais qu'un bébé juste né, savoir te consoler de la mort de maman ! J'étais ton seul espoir, ton seul amour. Mais il a fallu que moi aussi, je sombre dans une existence noire, à l'image de ton esprit qui est teinté de névrose... Papa, tu sais, je t'aimais, je te faisais confiance comme personne n'a fait confiance à quelqu'un. Tu étais mon soleil, mon guide, tu étais celui qui me permettait de résister au chant mélodique du désespoir. Tu as réussi malgré tes larmes et ta peine à me colorier ma vie, jetant alors au loin tout ce noir qui m'entourait, et pour cela, merci.

L'adolescence passée, je tentais vainement de prendre mon autonomie, tandis que le gouvernement désespérait de l'inconscience humaine. J'ai aujourd'hui un souvenir réconfortant de cette période de ma vie : je me souviens avoir été assise sur un banc, mon père à mes côtés. Et, tel un poète antique, il me dit ces paroles qui resteront ancrés en moi à jamais : Si tu voyais, ma fille ! Si tu voyais ce ciel bleu, comme l'océan, qui se reflète sur l'aura du lac gelé ! Si tu voyais tous ces sourires et ces rires qui m'entourent, et ces sapins, aussi verts que le jade, qui jubilent ! Sens ma fille, sens ce vent qui vient caresser ta joue : c'est le vent du réconfort qui vient sécher tes larmes. Et, sans un mot, il me laissa, et parti pleurer sur la tombe de ma mère, la femme qui mourra pour ma vie.

Ces paroles bercèrent la femme que j'étais devenue. Et ce, jusqu'à hier.

Nous étions dans le parc et, je dois le dire, je n'étais pas sortie depuis bien longtemps. Nous nous promenions, et alors que l'inquiétude semblait regagner mon père, j'entendais autour de moi des gens s'agiter. Il va pleuvoir, disaient-ils tous d'un air apeuré. Je ne comprenais pas : ils couraient comme si le diable était à leurs trousses, ce qui me semblait totalement absurde. Mon père me dit alors d'une voix âcre : Suivons les, et devant ma répugnance à suivre ses ordres, renforça le ton. Je le suivis, et il m'emmena dans une cabane en bois. Avant d'entrer, une goutte est venue se poser sur ma main : elle était aussi corrosive que l'acide.

Mon chevalier ma laissa seule dans cette cabane, en me faisant promettre de ne pas sortir de cette étrange maisonnée. Que pouvait-il donc y avoir de dangereux ? Ce n'était que de la pluie après tout ! Depuis quand devais-je craindre ces perles du ciel qui m'émerveillaient lorsque j'étais gamine ? Un sentiment d'injustice apparu dans mon esprit, et en dépit du pincement au c½ur que je ressentis à cet instant, j'obéis à mon père. Mais où partait-il, d'ailleurs ? J'espérais qu'en retour de lui obéir, il reviendrait vite.

Mais personne ne vint. Il devait être vingt-deux heures, et j'étais encore toute seule à attendre. Étais-je devenu pour mon père un fardeau trop lourd ? Avait-il cédé au chagrin et au désespoir de me voir moi, sa seule fille, handicapée ? Et si cela était la raison de son inquiétude, qu'il semblait vouloir me cacher ? Mais ce cela, je ne savais pas vraiment ce que c'était. J'étais là, à me morfondre une fois de plus dans mon chagrin, faisant preuve de mon répugnant égoïsme. Mais merde, il n'y a pas que moi dans la vie ! Pourquoi fallait-il que je fasse toujours tourner le monde autour de moi ! Être aveugle me donnait-il tous les droits ? Non, et il valait mieux que j'arrête de réfléchir bêtement au lieu de raconter d'affreuses bêtises !

Deux heures plus tard, ma tête était devenue lourde, et mes oreilles lasses d'entendre le cliquetis permanent de la pluie se déposant sur la toiture en bois. Alors, je me suis roulée en boule, et, pour la première fois de ma vie, j'ai dormi loin de mon père, loin de mon foyer, loin de tout ce qui m'était cher. Je le sentais, comme si un écho du futur résonnait dans mon c½ur, une nouvelle vie m'attendait...

Le lendemain, je me suis réveillé, le corps tendu, les paupières lourdes. Ce noir était encore là. Ce noir était décidemment toujours là. J'étais absolument désespérée, lasse de ne plus voir, lasse d'être un poids pour mon père, et lasse de vivre. Alors, comme une prière à ce qui devait être Dieu, j'ai chuchoté dans l'obscurité ce que mon c½ur, lui, suppliait de tout son être. S'il vous plaît, faîtes qu'un miracle se produise. Détruisez le monde, coupez-moi les jambes, ou n'importe quoi d'autre, mais faîtes quelque chose ! Ne me laissez pas toute seule ! Je pris alors le risque d'ouvrir les yeux : et j'ai vu.

Je voyais devant moi un mince rayon de lumière, qui éblouissait mes yeux habitués au noir des ténèbres au point de les brûler. Mais je n'avais cure de ce détail. C'était fini ! J'étais désormais libre, et plus rien n'avait d'importance à part cette liberté que je venais d'acquérir. Alors, je fis à ce moment-là la folie de me lever, et d'ouvrir la porte : je voulais voir le monde qui s'éveillait, les oiseaux qui chantaient, et admirer la course du soleil dans le ciel. Je n'aurai pas dû couper si tôt à mon bonheur.

Je vis alors ce que je vois encore maintenant devant moi. Et je compris ce que, désormais, je maudis.

Je vis le résultat de vingt années de cruauté et de cupidité humaine. Le parc n'était plus le même, le vert des pelouses non plus, et, à la vue du lac, jamais on n'aurait pu croire que l'eau de celui-ci fut un jour limpide. Tout ce qui m'entourait n'était devenu que pollution, déchets et désolations : le jardin qui avait bercé mon enfance avait changé au point de me répugner.

Oui j'en voulais à mon père. N'importe qui lui en voudrait à ma place. Il avait abusé de moi ! Il avait profité de mon handicap, de ma faiblesse pour non seulement embellir le monde, comme je le soupçonnais, mais également pour me cacher tous ces déchets au sol, tous ces nuages noirs qui faisaient pleuvoir de l'acide. Pour me cacher toute cette pollution. Je compris d'un coup la raison de son inquiétude omniprésente. Et il avait de quoi s'inquiéter, ce chien ! Celui qui me servait de mon père n'était qu'une ordure à l'image de celles à mes pieds qu'il cherchait tant à ne pas me faire découvrir...

Oh que oui, j'ai pleuré ! Un si bel événement, celui de la redécouverte de la vue, avait été gâché par mon abruti de père. Ce n'est pas de l'injustice que je ressentis. Non, il n'y a aucun mot pour décrire cette frustration. Aucun. C'était bien trop inhumain.

Et maintenant que j'ai sangloté, maintenant que j'ai tremblé d'horreur devant ce paysage de désolations et d'apocalypse, je peux le dire.

J'aurais préféré rester aveugle.
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# Posté le dimanche 29 mars 2009 13:15

Lettre au roi

Notre Bienveillance,

La personne qui vous écrit est quelqu'un qui n'aura jamais l'occasion de vous parler en face à face. Cette personne est un gens du peuple, un bien honnête individu qui prend la plume car celle-ci l'obsède depuis bien des ans.

Si je suis passé à l'acte, moi, habitant de Tumperplane, c'est pour vous faire part du désarroi qui m'entoure, et qui hante également mes nuits. La personne qui vous écrit est en effet soucieux du climat qui englobe votre bienveillante cité, et elle a encore de quoi s'inquiéter car les jours de cette personne ne sont pas comptés. Au contraire, cet individu est encore assez jeune, il vient même tout juste de se marier.

Dans votre ville, ô noble roi, l'inquiétude règne. Le calme fait parfois place à la peur. L'amitié fait parfois place à la trahison. La vitalité fait parfois place à la mutilation.

Ô noble roi, oserai-je vous parler du malheureux destin de ma pauvre femme ? Oserai-je vous parler de ce qui lui est arrivé ? Noble roi, quand je l'ai rencontré, elle était aussi belle qu'un rayon de soleil ! J'aurai tout fait pour elle, elle aurait tout fait pour moi. Mais elle a été emportée loin d'ici, afin de se marier à un inconnu du désert plus riche que moi, qu'elle n'appréciait même pas. Cependant, j'ai tenu, j'ai fait v½ux d'abstention jusqu'à ce que je puisse me marier avec la femme que j'aime. Et lorsque cinq ans plus tard, elle est enfin revenue vers moi, quittant ce maudit marchand du désert, la joie vint remplir mon c½ur. Je n'oserais même plus espérer ce retour !

Le jour de notre mariage, nous nous promîmes de ne jamais nous quitter, et ce jusqu'à notre mort. Mais ce jour là, il survenu un horrible événement qui vint bouleverser nos vies : ce fut pour nous la preuve qu'il existe, et ce malgré votre bienveillance, noble roi, de l'insécurité en votre majestueuse ville. Nous étions heureux, il faisait nuit noire, et nous nous baladions dans la rue obscure. Et la terreur vint à nous. Et elle était habillée de votre blason...

On me mit à terre avec des lames conçues dans les forges de votre château, moi, pauvre jeune mari sans défense. On dévêtit ma femme, ma pauvre femme, en m'empêchant d'intervenir. Ô mon roi, quelles souffrances ! On l'a plaquée sur le mur, et l'on a abusé d'elle, alors que sa robe de mariée qu'ils avaient ôtée était à quelques mètres d'elle, au sol. Ô Mon roi, comme j'aurais aimé intervenir plutôt que de voir cet horrible spectacle ! Je me suis débattu, j'ai tout essayé, mais ça n'a pas réussi. Eux, au contraire, ont tant réussi que la marque de leur blason est inscrite à jamais dans le dos de ma belle épouse. La marque de votre blason...

Nous nous sommes ensuite relevés, et sans mot dire, sommes retournés chez nous. Nous sommes, le soir de notre mariage, retournés chez nous en silence ! Ô mon roi, rien n'aurait pu me faire plonger dans un aussi grand chagrin ! Quelles souffrances cet événement a-t-il provoqué ! Nous sommes après l'incident restés cloîtrés chez nous durant une semaine entière. Nous évitons désormais de rester seuls aux côtés de vos gardes, ô mon roi.

Comment désormais fermer les yeux sur les nombreuses atrocités qu'ont commis vos gardes ? Maintenant, nous voyons, dans les rues de votre cité, le matin, des femmes battues, des hommes infirmes, et nous entendons même parler d'enfants mutilés. Ô mon roi, l'inquiétude règne. Nous sommes tous transits de peur lorsque nous sommes encore dans les rues de votre cité et que la nuit tombe. Nous préférons même dormir chez des inconnus plutôt que de traverser une rue bien gardée alors qu'il fait nuit noire.
Mon roi, la personne qui vous écrit est quelqu'un qui est mécontent, et qui vous en veut, car elle a subie la terreur instaurée par vos gardes, et, qui sait ? Par vous-même, mon roi.
Quant à toi, ma belle épouse, si tu lis ces lignes alors tu sauras pourquoi je vais mourir. Je t'ai toujours aimée, et je t'aime toujours, et ce malgré la jambe qui te manque et qui a rendu nos jours difficiles...

Mes dernières pensées vont vers toi,

Tridus Bovard.

# Posté le jeudi 12 mars 2009 14:41

Derrière la vitre, le soleil

ça se passe ici

Je compte sur votre soutien !

# Posté le samedi 29 novembre 2008 12:20

Pensée d'un jeune homme - III

Aujourd'hui, j'ai décidé de rompre avec cette stupide habitude de dormir. Non, au lieu de ça, j'ai pris ma veste, et je suis sorti. La déesse de la nuit ayant déjà enveloppé le ciel dans sa sombre couverture, je me suis alors retrouvé seul face à l'obscurité qui semblait me dire : « Viens, je t'attendais... ». Mais, apeuré par cette voix qui ne semblait pas humaine, j'ai pris mes jambes à mon cou, et me suis enfui vers les lumières de la ville.

Et là, face à tout cet espace, je ne sus que faire. Le vent vint caresser mes cheveux, et ma seule réponse en fut un tremblement. Et c'est alors que je fus irrésistiblement attiré vers un endroit. Je n'ai jamais su ce qui s'est passé : je me souviens juste que j'ai ressenti un sentiment particulier, comme si un changement allait se produire si je suivais ce chemin que mon instinct semblait me montrer.

Et c'est alors que je pris conscience de l'endroit dans lequel j'étais. La grande grille, embellie par les reflets des lampadaires, semblait vouloir s'écraser sur moi : mais le véritable danger venait de toutes ces pierres grilles qui étaient si immobiles. À vrai dire, voir devant moi ce cimetière si calme provoqua en moi la plus grande peur que je n'aie jamais ressentie.

Et là, devant le calme paisible qui semblait animer ce cimetière, je sentis le c½ur monter jusqu'à mes lèvres. Je sentis mes jambes se mettre à trembler, et tous mes muscles se crisper. Et alors, pointant le doigt vers le ciel, je me mis à crier une tirade, dont l'interlocuteur était Dieu, maître des lois qui régissent notre existence.

« Alors ? C'est comme ça que tu me fais vivre ? ça t'amuse sûrement de me voir dans la détresse, hein ? Tu ne penses pas que j'ai déjà assez payer la facture, il y a quelques années de ça ? Qu'est ce que tu veux à la fin ? Que j'aille le rejoindre ? »

Mais lui parler ne me servis à rien. Dieu est le réconfort des âmes bannissant l'irrationnel, pas de ceux qui croient en un autre idéal. J'en ai marre de tous ces gens, matérialistes. Oh oui, il y a les politiciens, comme le disent tous les alcoolos du bar du coin : mais je crois davantage que la vrai faute est à remettre sur les épaules des économistes. Ce sont eux qui poussent les entreprises à produire toujours plus, ce sont eux qui poussent à la consommation, ce sont eux qui poussent aux man½uvres douteuses des chefs d'entreprises. Et ce sont eux qui conditionnent nos vies.

J'en ai assez de rester sur une chaise toute la journée, à écouter un cours inintéressant sur quelque chose qui ne nous atteint même pas. J'en ai assez de tous ces arrogants, toutes ces personnes qui ne cessent de penser à des choses, des choses, des choses, et encore des choses. Cessez d'être matérialiste. Le bonheur est dans le pré, comme on le dit.

Et surtout, cessez de regretter ce putain de mouvement hippie. Si vous étiez intelligents, vous créeriez vous-même un mouvement, dont les fondements seraient appris à coups de guitares et de free hugs. Mais apparemment, vous qui vous vous définissez comme vivant au jour le jour, on dirait que vous vivez finalement dans le passé.

Ceci n'est pas un cri de révolte. Ceci est juste une réflexion sur notre vie : à quoi me sert d'aller en cours ? De me permettre d'avoir un travail assez bien payé et un poste fixe. Déjà, parfois on n'est à peine obligé d'avoir étudié dans certains cas, mais oublions ça. À quoi ça sert d'avoir un tel travail ? De gagner ma vie dans notre société, m'installer, et m'offrir des petits plaisirs. Et c'est quoi vivre dans notre société ? C'est un retour de flamme, c'est aller travailler dans les fumées polluantes, c'est penser comme les autres, avec l'idéologie matérialiste de l'homme. Et si je ne veux pas de ça, qu'est ce que je fais ? Et bien, à vrai dire, en théorie, tu n'as pas le choix de vivre avec ça. Comme quoi, au lieu d'évolution, je dirais que recul conviendrait davantage.

Il y a un autre choix, également, qui est de tout laisser tomber, et de partir : mais tôt ou tard, vous aurez sûrement besoin de cette société, ne serais-ce que pour manger parfois. Et là, vous serez alors obligé de vos replonger dans ce monde matérialiste. Ce besoin de choses est partout, où que l'on aille.

Alors, que faire, quand on est pas en accord avec cette société ? Se taire, et attendre. Ou alors, j'attends une autre solution...

# Posté le samedi 22 novembre 2008 17:30

ça fait deux heures

Ça fait deux heures que je suis allongé par terre. Je contemple depuis cet endroit nommé campagne l'infini espace qui s'ouvre à mes yeux, et redécouvre la beauté des constellations ainsi que la célérité des étoiles filantes, loin des lumières de la ville. Une bise légère vient caresser ma joue, me rappelant le souvenir lointain de ta main contre celle-ci.

Ça fait deux heures que je suis allongé par terre. La beauté de ce somptueux paysage éblouit mes yeux. Et je repense à toi, souriant, gambadant autour de cet arbre où nous avons gravé nos initiales, à ta jupe rasant l'herbe verdoyante, à tes yeux si uniques, à tes cheveux si lisses. Un brin d'herbe vient se poser sur mes lèvres, me rappelant le contact si doux des tiennes sur les miennes.

Ça fait deux heures que je suis allongé par terre. Je repense à toi, encore une fois, je repense à ces moments heureux que j'ai vécu avec toi, jusqu'à cet après-midi. Je me revois prendre le téléphone, je me revois apprendre l'horrible vérité, je me revois pleurer comme un bébé dans la salle de bain. Je ressens encore en moi le coup de poignard que j'ai ressenti en cet instant, et le contact d'une lame contre mon c½ur vient me rappeler cette blessure si profonde.

Ça fait deux heures que je suis allongé par terre, baignant dans mon sang...

# Posté le mardi 04 novembre 2008 11:01