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Lettre au roi

Notre Bienveillance,

La personne qui vous écrit est quelqu'un qui n'aura jamais l'occasion de vous parler en face à face. Cette personne est un gens du peuple, un bien honnête individu qui prend la plume car celle-ci l'obsède depuis bien des ans.

Si je suis passé à l'acte, moi, habitant de Tumperplane, c'est pour vous faire part du désarroi qui m'entoure, et qui hante également mes nuits. La personne qui vous écrit est en effet soucieux du climat qui englobe votre bienveillante cité, et elle a encore de quoi s'inquiéter car les jours de cette personne ne sont pas comptés. Au contraire, cet individu est encore assez jeune, il vient même tout juste de se marier.

Dans votre ville, ô noble roi, l'inquiétude règne. Le calme fait parfois place à la peur. L'amitié fait parfois place à la trahison. La vitalité fait parfois place à la mutilation.

Ô noble roi, oserai-je vous parler du malheureux destin de ma pauvre femme ? Oserai-je vous parler de ce qui lui est arrivé ? Noble roi, quand je l'ai rencontré, elle était aussi belle qu'un rayon de soleil ! J'aurai tout fait pour elle, elle aurait tout fait pour moi. Mais elle a été emportée loin d'ici, afin de se marier à un inconnu du désert plus riche que moi, qu'elle n'appréciait même pas. Cependant, j'ai tenu, j'ai fait v½ux d'abstention jusqu'à ce que je puisse me marier avec la femme que j'aime. Et lorsque cinq ans plus tard, elle est enfin revenue vers moi, quittant ce maudit marchand du désert, la joie vint remplir mon c½ur. Je n'oserais même plus espérer ce retour !

Le jour de notre mariage, nous nous promîmes de ne jamais nous quitter, et ce jusqu'à notre mort. Mais ce jour là, il survenu un horrible événement qui vint bouleverser nos vies : ce fut pour nous la preuve qu'il existe, et ce malgré votre bienveillance, noble roi, de l'insécurité en votre majestueuse ville. Nous étions heureux, il faisait nuit noire, et nous nous baladions dans la rue obscure. Et la terreur vint à nous. Et elle était habillée de votre blason...

On me mit à terre avec des lames conçues dans les forges de votre château, moi, pauvre jeune mari sans défense. On dévêtit ma femme, ma pauvre femme, en m'empêchant d'intervenir. Ô mon roi, quelles souffrances ! On l'a plaquée sur le mur, et l'on a abusé d'elle, alors que sa robe de mariée qu'ils avaient ôtée était à quelques mètres d'elle, au sol. Ô Mon roi, comme j'aurais aimé intervenir plutôt que de voir cet horrible spectacle ! Je me suis débattu, j'ai tout essayé, mais ça n'a pas réussi. Eux, au contraire, ont tant réussi que la marque de leur blason est inscrite à jamais dans le dos de ma belle épouse. La marque de votre blason...

Nous nous sommes ensuite relevés, et sans mot dire, sommes retournés chez nous. Nous sommes, le soir de notre mariage, retournés chez nous en silence ! Ô mon roi, rien n'aurait pu me faire plonger dans un aussi grand chagrin ! Quelles souffrances cet événement a-t-il provoqué ! Nous sommes après l'incident restés cloîtrés chez nous durant une semaine entière. Nous évitons désormais de rester seuls aux côtés de vos gardes, ô mon roi.

Comment désormais fermer les yeux sur les nombreuses atrocités qu'ont commis vos gardes ? Maintenant, nous voyons, dans les rues de votre cité, le matin, des femmes battues, des hommes infirmes, et nous entendons même parler d'enfants mutilés. Ô mon roi, l'inquiétude règne. Nous sommes tous transits de peur lorsque nous sommes encore dans les rues de votre cité et que la nuit tombe. Nous préférons même dormir chez des inconnus plutôt que de traverser une rue bien gardée alors qu'il fait nuit noire.
Mon roi, la personne qui vous écrit est quelqu'un qui est mécontent, et qui vous en veut, car elle a subie la terreur instaurée par vos gardes, et, qui sait ? Par vous-même, mon roi.
Quant à toi, ma belle épouse, si tu lis ces lignes alors tu sauras pourquoi je vais mourir. Je t'ai toujours aimée, et je t'aime toujours, et ce malgré la jambe qui te manque et qui a rendu nos jours difficiles...

Mes dernières pensées vont vers toi,

Tridus Bovard.

# Posté le jeudi 12 mars 2009 14:41

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