Dignité perdue

Dignité perdue
Dish resta accroupi, les ailes recourbées sur lui-même, dans la grotte obscure. Ses cheveux blancs étaient visibles sur son dos courbé, et sa robe longue de guerrier était dans un sale état: blanche d'origine, elle était maintenant, grise, déchiquetée et tachée de sang à cause du temps et des combats. Sur son côté gauche, une partie du long manche de l'épée de l'ange était visible. Et en silence, la créature ailée pleura, résultat d'un acte passé qui a bouleversé sa vie.

Sa compagne était morte. Elle était vivante en réalité, mais morte dans son coeur. Et Dish était mort dans le coeur de Klice. Elle était partie avec un autre ange, ils n'étaient pas liés par les liens du mariage, et Klice en avait profité pour laisser seul Dish, face à sa propre vie.

Le sang des orques précédemment embusqués par le guerrier parvint jusqu'à ses ailes dont il tacha la base, laissant en trace rouge. Mais l'ange restait stoïque, anéanti. Lorsqu'il se décida enfin à ouvrir ses ailes, le sang était déjà séché. Mais ses larmes, elles, ne l'étaient pas. Il laissa apparaître un visage, qui n'avait plus rien d'angélique à cet instant. Lentement, il se leva. Et d'un pas lent et lourd, Dish se dirigea vers le lac plus bas.

Et c'est en arrivant là-bas qu'il se rendit compte du désastre, sa peau était devenue marron, ses veines ressortaient comme s'il était en pleine colère divine. Le furieux amaigrissement de l'ange lui informa qu'il s'était écoulé des semaines, peut-être même des mois, entre le moment où il avait mangé du pain la dernière fois et ce funeste jour. Mais ce qui le surpris le plus, malgré la chute de ses cheveux, fut ses ailes. Elles étaient dans le même ton que sa peau, avec des reflets cuivre, marrons et noirs. Il était devenu un ange déchu.

Ne supportant plus la vision de lui et de sa robe de guerrier déchirée et taché de sang, l'ange déchu s'éloigna rapidement du lac. Que faire? S'il retournait auprès des siens, la mort l'attendait. Se venger de Klice? Non, se connaissant lui-même, et même avec la meilleure volonté du monde, il n'aurait pas le courage d'aller jusqu'au bout de son acte. Servir la cause du bien suprême? Oui. Ça lui plaisait. Peut-être pourrait-il ainsi se lier à nouveau avec son peuple, mais ça Dish ne l'espérait même pas...

La créature ailée prit ainsi son envol. Les orques se dirigeaient vers le nord. Ils préparaient probablement comme à leur habitude une attaque contre un pauvre village d'humains. Les orques étaient une espèce très prévisible. Les quelques jours de voyages qui s'annoncèrent furent passés tranquillement: Dish pu à son aise se nourrir de gibiers et s'abreuver dans les nombreuses criques. Après quelques jours de voyages, le guerrier regarda alors à nouveau son reflet: son état physique était le même, à son dépourvu.

Mais Dish repensait toujours autant à sa séparation avec Klice. Le soir, il ne dormait pas, il pleurait. Rien ne pouvait sembler atténuer son chagrin. Il était devenu déchu, sa compagne le quittait... Tant de choses que l'ange avait du mal à encaisser. Trop de mal à encaisser.

Et voyageant tout en se morfondant dans son chagrin, l'ange arriva en haut de la forêt, et vit que les orques, une soixantaine armée de haches et menés par un orque haut de trois mètres, avaient déjà bien entamés le siège. Désormais, ces orques étaient maudits. Ils allaient goûter à la fureur d'un ange précédemment déchu. Il devrait se battre contre soixante orques? Très bien... Il aurait pu en avoir mille, le guerrier les aurait tout de même combattus jusqu'à la mort. La vue du village qui se détruisait et ses douloureux souvenirs encore récents étaient précurseurs de rage envers les horribles bêtes vertes.

Dish leva sa longue épée bien haut dans le ciel, et cria. Son cri était un mélange de désespoir, de fureur, de tristesse et de colère, et il avait pour but d'attirer l'attention sur lui seul. À sa vue, les humains ne surent pas du fait qu'il était déchu si la créature ailée était des leurs ou si elle était venu aider les orques dans leur lâche attaque. Mais à la vue de l'ange fonçant vers les orques, ils ne purent s'empêcher de crier de joie. Les légendes sur de tels anges étaient telles qu'ils ne doutaient plus de la victoire.

L'ange, tout en criant, abattit sa lourde épée sur le premier orque qui lui barra le passage, et le coupa en deux. Puis après, plus rien. Plus un seul souvenir. Sa rage l'avait tellement contrôlée qu'il n'était plus lui-même. Dish se réveilla: il était dans la même position que dans la grotte, encore en train de pleurer son amour perdu. Autour de lui, les corps des orques jonchaient le sol. Il se leva: il vit alors que les humains lui avaient fait don d'une magnifique robe de guerrier pour leur avoir sauver la vie. Elle était adaptée a ses couleurs de déchu, et bizarrement, cela lui convenait.

Et c'est ainsi que la créature ailée se mit à pleurer à nouveau, honoré d'un tel cadeau mais inconsolable. Il sanglota, et se mit à genou. Jusqu'à ce que tout à coup, il sentît un contact léger et doux autour de son cou. Le contact d'un ange. Dish se retourna, ce n'était pas Klice, mais cet ange méritait tout le respect de l'ange déchu. Elle risquait la mort pour ce qu'elle était en train de faire. Il avait de la chance de rencontrer un ange aussi compréhensible. Et sous le bruit de sanglots du guerrier, l'ange qui lui tenait compagnie lui chuchota à son oreille:
"C'est ça, lâches tout, décompresse... Je suis là Maintenant..."



# Posté le mercredi 12 septembre 2007 15:08

Modifié le vendredi 14 septembre 2007 08:14

Shuis un gamin

Shuis un gamin
[ J'essaye de m'adonner à l'art de la poésie... ]



Vous pourrez dire que shuis pas mature
Je vous dirais rien, je vous laisserais me traiter de con
Vous pourrez vous dire que shuis pas mûre
Je vous dirais que je suis pas à cueillir de toute façon

Shuis un éternel gamin

Vous perdez avec l'âge le sourire
Moi je garde avec moi ce qui me fait rire
Je vous parais ptête pas fréquentable
Mais arrêtez donc avec vos préjugés lamentables !

Shuis un éternel gamin

Mais pourquoi s'obliger à grandir
Alors que les adultes rêvent de revenir à l'âge des rires ?
Grandir hâtivement
C'est gâcher les plus belles années de notre vie bêtement

Shuis un éternel gamin

Pouvoir rire à partir de rien
Sans avoir de problèmes
Ne pas être condamné à vouloir se dire en mentant qu'on s'aime
C'est ça être un gamin

Shuis un éternel gamin
Mais prenez-moi donc la main
Car peut-être avec moi, vous aurez un plus joli lendemain.


# Posté le samedi 08 septembre 2007 15:56

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 05:43

Syndrome Intolérable, Débile et Acerbe

Syndrome  Intolérable, Débile et Acerbe
Je l'aimais et il m'aimait. Je le trouvais beau et il me trouvait belle. Je pensais que c'était l'homme de ma vie et il croyait que j'étais la femme de sa vie. Je le croyais pur et il me croyait pure.

Mais l'un de nous s'est trompé. Il était parti. Bien sûr, pour combler le malheur, j'enchaîne les mecs, je couche avec eux, et puis le lendemain, au revoir. Ils se disent aussi purs et je leur dis que je suis pure également. Nous ne prenons pas la peine d'utiliser un préservatif.

Et un beau jour, je reçois un coup de fil. L'homme que j'aimais avait le sida, et il dit qu'il me l'a transmis. Rien ne peut enlever la culpabilité que j'ai d'avoir condamner ces mecs à avoir aussi contre leur gré le sida. Et ces mecs ont dû également chacun de leur côté coucher avec d'autres meufs, qui ont couché avec d'autres mecs...

L'impression d'avoir condamnée tous ces gens m'envahie. C'est comme avoir appuyer sur un bouton que l'on croyait inoffensif mais en vérité dont on ne connaît pas l'usage. Ici, j'avais largué une bombe atomique sans le savoir en appuyant sur ce bouton.

J'entends dans ma tête des voix qui ne m'inspirent pas confiance. Je ne pense qu'à mon horrible faute. Ma terrible négligence nous a perdu, moi et désormais de centaines de personnes.

Et dire qu'il n'y avait qu'à mettre un préservatif pour éviter tout ça...




# Posté le mercredi 05 septembre 2007 13:18

Modifié le mercredi 05 septembre 2007 17:15

ça s'en va et ça revient

ça s'en va et ça revient
La nuit que nous passâmes ensemble fut atrocement courte. C'était la dernière. Bien sûr, je ne dormais pas, j'avais trop peur qu'elle parte sans me dire au revoir. De son côté, Carole ne dormait pas non plus, je le savais. Mais nul ne prit la parole. Nous restions tapis chacun de notre côté.

Je pensais aux moments que nous avions passés ensemble depuis que nous étions petits. Je me souviens du jour où je suis arrivé sans amis pour la première fois au bourg. Elle est devenue ma première amie. On s'entendait bien. On était des enfants, on était insouciant du monde qui nous entoure. C'était la belle vie. Même si Carole avait deux ans de plus que moi, on était bien ensemble. On était bons copains. Des fois, on restait jusqu'à la tombée de la nuit allongés l'un à côté de l'autre sur un champ de blé, et on se confiait à l'autre. J'aurais bien voulu que cette époque dure toujours.

Et à 7 heures, Carole fit semblant de se réveiller, et se tourna vers moi. Je fis de même. Nous restâmes ainsi à nous contempler pendant cinq minutes, en silence. Des lames coulèrent le long de mon visage. Et quand je ne pus la fixer davantage, je me suis retourné, pleurant en silence. Carole, elle, se leva et alla dans la salle de bain. Je l'entendis faire son remue-ménage quotidien, et pendant ce temps, je restais toujours allongé. Elle revint habillée dans la chambre, et mis sa trousse de toilette dans sa valise et partit prendre son petit-déjeuner. Je partis la rejoindre.

Nous mangeâmes en silence. Nous ne nous étions pas parlé depuis la dispute d'hier. La dispute de trop. Celle qui décida Carole de partir d'ici. Nous ne pouvions pas nous empêcher de nous fixer, tout en fuyant le regard de l'autre. C'était bizarre. Moi, j'avais une sale tronche. Je ne cachais pas mes sentiments. Carole, elle, était inexpressive. Je ne savais pas du tout ce qu'elle pouvait ressentir à ce moment précis. De temps en temps, je la voyais qui voulait dire quelque chose, mais elle se retint à chaque fois. Moi je voulais la supplier à genou de rester, que c'était trop bête de se séparer comme ça, que je l'aimais. Mais je me retins, tout comme elle.

Je ne pus m'empêcher de verser une larme, et c'est à ce moment que j'ai quitté la table du petit-déjeuner, un peu précipitamment. Je partis me laver et m'habiller dans la salle de bain. Lorsque je sortis de la pièce, je vis que Carole était devant la porte, avec sa valise, prête à partir.

Nous nous contentâmes de nous regarder en guise d'au revoir. Après avoir ouvert la porte, elle s'approcha de moi et me donna un baiser au coin de la mâchoire.
" Adieu, Valentin..."
L'adieu me surpris, et je compris que c'était la dernière fois que je la verrais. Je touche avec la main la dernière trace de contact physique avec elle. C'était la dernière fois que je sentirais ce parfum empreint de douceur et de légèreté. Je fus incapable de bouger. Ma vie était fichue. La femme que j'idolâtrais était partie. Je ne sentais plus mon coeur. Même si la colle à coeur brisée existait, il me serait impossible de recoller mon coeur, tellement le nombre de morceau était important.

Et quand le bruit d'une valise raclant sur le sol disparut, je me mis à éclater en sanglots. N'importe quel homme aurait eu honte d'éclater en sanglots d'une telle façon. Mais la honte n'avait plus d'emprise sur moi. Je courais dans tout l'appartement, je me jetai au sol, j'étais désespéré. La femme de ma vie m'avait quittée, je n'étais plus rien, je ne valais plus rien. Je n'avais plus aucune raison de vivre. Le désespoir me hantait. Je criais partout dans l'appartement "Pourquoi?".

Même si de temps en temps nous nous disputions, nous nous aimions. Que demander de plus? Calmé, je m'allonge sur le canapé, inactif. Thibaud ne m'appela même pas. Je broie du noir. Je m'endors. Je vois Carole, la femme que j'aime, qui arrive en larmes dans l'appartement. Je cours vers elle, fou de joie, et je l'étreins. Et pendant l'étreinte qui dura longtemps, je m'aperçois que je ne rêve pas. Carole est bien là, dans mes bras. je déborde de joie.

9 mois plus tard, le petit s'appellera Victor.



# Posté le lundi 03 septembre 2007 09:45

Modifié le mardi 04 septembre 2007 12:58

Deuil

Deuil
[Un moment important de ma vie...]

Nous étions un mardi. Un mardi plutôt ensoleillé, mais en fin de journée, des nuages arrivaient, cachant le soleil. Je mis comme d'habitude un peu plus de temps à rentrer la maison, j'étais crevé avec le sport en fin de journée. Et quand je suis arrivé sur le parking, je vis que le cabinet de papa était fermé, et qu'il y avait une feuille où il était marqué quelque chose. Je n'eus pas le courage d'aller la lire. Autant demander à maman ce qu'il y a de marqué.

C'est d'ailleurs ce que je fis en premier lorsque je suis entré dans la maison, avant que je ne vois maman et Éric qui tiraient des sales tronches. Je me suis tus. Quelque chose n'allait pas, c'était certain. Maman me dit de venir vers elle, et insista pour que j'aille sur ses genoux. J'étais un peu stressé, je ne les avais jamais vu comme ça.
"Écoutes Jean-Côme, il est arrivé quelque chose de très grave aujourd'hui...
- À qui?
- Papa."
Mon ventre se ressert. Maman prend une grande inspiration, et déballe le tout en trois mots. Trois mots destructeurs, trois mots qui vont bouleverser ma vie.
"Papa est décédé..."

Et là, c'est comme si ton corps te disait "Et rlan, c'est bien fait pour ta gueule, bouffon!". Je sens mon estomac se nouer, mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Je me retourne vers maman, et je vois des larmes couler le long de ses joues. je me retourne et je regarde le sol. Nous restons tous les trois immobiles pendant cinq minutes. Je ne sais pas pourquoi mais ma première hypothèse de mort était qu'il aurait pu tomber du toit. Je ne vois pas tellement pourquoi, mais j'ai classé cette hypothèse comme hypothèse numéro un. J'étais loin de me douter que sa mort serait bien pire.

Je me lève. J'ai plus très faim, mais je vais quand même essayer de manger un truc. Je réussirais au final à manger une barre de Kinder Bueno. Je sais pas trop quoi penser de ce que je viens d'apprendre. Je suis perdu. Tout ce que je vois, c'est maman en train de sangloter quand elle annonce aux frères la nouvelle au téléphone. j'ai la boule au ventre. ça fait mal, mais j'ai surtout mal pour elle. J'ai du mal à me rendre compte de ce qui se passe.

Je monte dans ma chambre. Je me jette sur mon lit, graine d'un futur réflexe. J'essaye de pleurer, mais j'y arrive pas. Alors je pense sur mon lit, ma peluche Simba avec moi. Et puis quand j'en ai marre, je sors ma game boy pour jouer à pokémon. Je donne le surnom de Papa au premier pokémon que j'attrape. Entre temps, Muriel viens me voir dans ma chambre, et me regarde jouer. Elle me fait un charabia comme quoi il faut pas que je reste tout seul, et que c'est mieux d'être avec les autres. Moi je préfère la solitude à ce moment-là. Cela me restera.

Cependant je lui promets de descendre cinq minutes plus tard. Je décide de faire sur la table du salon mes devoirs, puisque je n'ai rien d'autre à faire avec eux. Je me souviens encore du devoir d'histoire que je devais faire: c'était un schéma à colorier sur le Moyen âge, mon époque préféré. Il y avait déjà plus de monde qui étaient arrivé, et je dis vite fais bonjour. Souris. Rester souriant. Ne pas trahir tes pensées. C'est ce que je fis. Cette idée de costumer mes pensées, elle me vint un peu comme Chaplin qui trouva le personnage de Charlot: à l'improviste, comme ça. Ce costume me sert encore beaucoup aujourd'hui.

Je souris à maman quand elle me regarde, qui sait, peut-être cela lui remontera un peu le moral. Oh et puis hein, je remonte dans ma chambre, c'est chiant ici, j'en ai marre de tous ces gens chez moi. Maman a pas quitté son fauteuil depuis que je suis arrivé, pourquoi n'aurais-je pas le droit de ne pas quitter ma chambre? J'essaye de me reposer. En vain. Je pense à papa.

Muriel revient me voir pour me dire que Vincent et Guillaume sont là. Je vois pas l'intérêt d'aller les voir, puisque désormais - en ce qui me concerne du moins - nous voilà seul face à nous-même. Je vais les voir, et je les vois pleurer comme des fillettes. Malgré l'émotion de la scène, je reste stoïque. Je fais une tape sincère au dos de Guillaume, et il se jette dans mes bras. Je l'étreignis jusqu'à ce qu'il décide de voir ailleurs. Mais même dans l'étreinte, malgré le contact physique, je n'eu aucun réconfort. C'était comme si j'étais en train de rêver que quelqu'un était en train de m'étreindre.

Et après qu'Étienne arrive à la maison, on foue les inviter à la cuisine, et maman va nous parler. Et maman nous dit tout. Il manquait Antoine. Et papa bien sûr. Je ne saurais jamais comment Antoine appris comment papa était mort. Ou s'était suicidé plutôt. Les vraies raisons sont aujourd'hui floues. Il a paniqué face à quelque chose auquel il aurait pas dû paniquer.

Le soir, lorsqu'on va se coucher, Étienne mets un matelas dans ma chambre. On discute vite fait, puis on éteint la lumière. Moi? Non je ne dors pas, je guette une lumière. Une lumière d'espoir et d'amour.




Il y en avait pas deux comme papa. Bruno Bouden de son vrai nom. C'était un médecin généraliste réputé, et on l'oubliera pas. C'était le "prout comme on disait. C'était un chasseur hors pair. Un homme généreux, modeste, pudique. Il présidait une association pour que les femmes enceintes aient plus accès aux soins et se prépare plus facilement à l'accouchement. Il savait faire rire à sa façon, et il s'adaptait à toutes situations. C'était un homme bien, mon papa.


# Posté le samedi 01 septembre 2007 12:29

Modifié le samedi 01 septembre 2007 14:30